Tréguier, dans les Côtes-d’Armor en Bretagne, conserve une histoire riche et une architecture remarquable. La cathédrale Saint-Tugdual et ses 57 maisons à pans de bois témoignent de son passé médiéval. Le Musée Ernest Renan rend hommage à l’écrivain et philosophe né dans la ville. Au fil des rues, vous croisez artisans d’art, galeristes, libraires et bouquinistes. Voici le top 14 des incontournables à faire à Tréguier.
La cathédrale Saint-Tugdual et son cloître
Située sur la place du Martray, la cathédrale Saint-Tugdual attire immédiatement le regard avec ses trois tours et son imposante architecture. Construite entre le XIᵉ et le XVe siècle, elle associe différents styles architecturaux, du roman au gothique.
À l’intérieur, vous pourrez découvrir de remarquables vitraux, des stalles anciennes ainsi que le tombeau de saint Yves, figure importante de l’histoire religieuse bretonne. La visite se poursuit avec le cloître gothique, construit au XVe siècle. Ses 46 arcades en granit entourent un espace paisible où se trouvent plusieurs gisants et pierres tombales.





L’ancien palais épiscopal
L’ancien palais épiscopal de Tréguier, construit au XVe siècle, a traversé une histoire mouvementée. Les guerres de la Ligue (1588-1598) l’ont partiellement détruit, avant sa reconstruction au XVIIIe siècle. Les évêques y ont résidé jusqu’en 1790, puis la Révolution française a mis fin à cette fonction.
En 1921, la ville a racheté le palais pour en faire l’hôtel de ville et la bibliothèque municipale. À l’étage, la salle capitulaire d’Honneur affiche de belles boiseries qui racontent l’histoire bretonne et trégorroise.


Le couvent des Augustines
Le couvent des Augustines est un ancien édifice religieux situé au cœur de Tréguier. Fondé au XVIIᵉ siècle, il témoigne de l’importance de la vie religieuse dans la ville au fil des siècles. Son architecture sobre s’intègre parfaitement au patrimoine du centre historique. Le couvent fait partie des édifices à découvrir en parcourant les rues anciennes de Tréguier, aux côtés de la cathédrale et des nombreuses maisons à colombages.

Les tours d’armateurs
Les tours d’armateurs marquent l’entrée de la vieille ville depuis le XVIIe siècle. Elles rappellent l’activité portuaire florissante de l’époque : les habitants les utilisaient comme tours de guet et comme greniers pour surveiller la rivière et le port. La mer atteignait alors le niveau des deux tours. Aujourd’hui, elles symbolisent le riche patrimoine de Tréguier.

La rue Ernest Renan et la Maison du Tisserand
La rue Ernest-Renan, autrefois nommée « Grande Rue », compte parmi les artères les plus anciennes de Tréguier. Elle relie le port à la place du Martray, cœur historique de la ville. En 1903, la municipalité l’a rebaptisée en hommage à l’écrivain et philosophe né à Tréguier.
Des maisons à colombages et des bâtiments historiques bordent la rue, dont la maison natale d’Ernest Renan. Au n°31, une maison à colombages classée du XVIe siècle attire particulièrement le regard.
La Maison du Tisserand, au 22 rue Ernest Renan, date du XVIIe siècle. Cette maison à pans de bois compte parmi les rares du village à posséder deux murs en encorbellement. D’anciens propriétaires y ont tenu un café et aujourd’hui, son architecture unique et son lien avec l’artisanat du tissage en font un lieu remarquable.





La place du Martray
Nommée place de la Liberté pendant la Révolution, la place du Martray occupe une position centrale dans l’histoire de Tréguier. Des maisons médiévales à pans de bois et de belles demeures en pierre l’entourent, et la cathédrale Saint-Tugdual se dresse juste en face. La place offre un cadre idéal pour se promener, se restaurer et profiter des commerces locaux.


La rue Colvestre
La rue Colvestre figure parmi les incontournables à faire à Tréguier pour ses maisons anciennes. Autrefois l’une des artères commerçantes les plus animées de la ville, elle a beaucoup changé au fil des décennies. Pendant la Première Guerre mondiale, la mairie occupait le n°5 ; les services municipaux y sont restés de 1793 à 1921, avant de rejoindre l’ancien palais épiscopal.
Les principales maisons de la rue Colvestre
- L’hôtel de Tournemine (n°11) : siège du procès de canonisation de Saint Yves en 1330.
- Une maison à pans de bois du XVe-XVIe siècle (n°12), avec salle manoriale et étages à encorbellement.
- La maison dite duc Jean V (n°22) : le duc de Bretagne y aurait séjourné, comme l’atteste sa chapelle privée, un privilège rare en Bretagne.
- L’hôtel de Kermovan : cet édifice en granit du XVIIe siècle a appartenu aux lazaristes qui dirigeaient le Grand Séminaire.





La maison d’Ernest Renan
La Maison d’Ernest Renan a vu grandir le célèbre philosophe, écrivain et historien (1823-1892). Construite à la fin du XVIe siècle, cette demeure représentative de l’architecture du Trégor a été acquise par les grands-parents de Renan en 1780.
La maison accueille aujourd’hui un musée consacré aux documents et souvenirs liés à l’écrivain-philosophe. Elle bénéficie du statut de monument historique, et des visites guidées font découvrir l’histoire de la demeure et de ses habitants.
Au rez-de-chaussée, l’espace d’accueil occupe l’ancienne épicerie tenue par la mère de Renan. Un escalier de pierre mène au premier étage, où objets, photographies et tableaux évoquent ses proches. Une pièce reconstitue son bureau du Collège de France, qu’il a administré. Un escalier en bois, puis un dernier en colimaçon, conduisent à sa chambre d’étude.
Ernest Renan a marqué la littérature française avec « Histoire des origines du christianisme » et sa thèse sur la nation. Il a quitté la carrière religieuse pour se consacrer à la recherche et à l’écriture, critiquant la Bible et défendant les théories de Darwin. Ses œuvres notables incluent « Vie de Jésus » (1863) et « Qu’est-ce qu’une nation ? » (1882).





La statue d’Ernest Renan
La statue d’Ernest Renan se dresse sur la place du Martray depuis le 13 septembre 1903. Elle montre l’écrivain assis aux côtés de la déesse Athéna. Le sculpteur Jean Boucher s’est inspiré de son œuvre « La Prière sur l’Acropole » pour la concevoir.
L’inauguration a provoqué de fortes tensions religieuses : les autorités ont mobilisé 600 soldats pour sécuriser l’événement. Renan, libre penseur, avait publié des travaux controversés sur la vie de Jésus, qui ont suscité de vives réactions chez les catholiques de l’époque.

Le monument aux morts
Derrière la cathédrale, le monument aux morts de Tréguier porte les noms de « La Pleureuse » ou « La Douleur ». Le sculpteur Francis Renaud l’a créé en 1920. L’œuvre montre une femme en deuil et porte un message pacifiste rappelant la douleur des familles touchées par la Première Guerre mondiale. Marie-Louise Le Put, veuve de guerre, a servi de modèle.

Le bois du Poète
Près de la rivière Guindy, le bois du Poète offre une promenade paisible chargée d’histoire. Autrefois propriété de l’Évêché, c’est par ce bois que le dernier évêque de Tréguier a quitté la ville pendant la Révolution. Le sculpteur Armel Beaufils y a réalisé en 1936 le tombeau d’Anatole Le Braz, écrivain connu pour ses textes sur la Bretagne, qui a laissé une empreinte durable dans la littérature régionale.

La passerelle Saint-François
Marc Seguin a construit la Passerelle Saint-François en 1837. Ce pont suspendu enjambe la rivière Guindy et illustre l’essor de la charpente métallique au XIXe siècle en France. Son nom vient d’un ancien couvent de franciscains situé à proximité avant la Révolution française. Aujourd’hui, la passerelle sert surtout aux piétons et aux cyclistes, notamment sur les itinéraires GR34 et EV4.

Le port de Tréguier
Le port fait partie des incontournables à faire à Tréguier pour découvrir son histoire maritime. L’association Océanide propose un parcours-exposition le long du Guindy et du Jaudy, à travers photos et œuvres d’art. L’ancre de la goélette Océanide en reste aujourd’hui l’un des symboles les plus marquants.
Cette goélette, comme d’autres navires de Tréguier, servait de « chasseur » en Islande et à Terre-Neuve. Elle apportait du sel aux pêcheurs sur place et ramenait les premières morues, avant de se reconvertir dans le commerce de cabotage avec la Grande-Bretagne.



A lire
- Que faire dans les Côtes-d’Armor
- Châtelaudren, 15 incontournables
- Que faire à Dinan
- Paimpol, les 14 incontournables
- Que faire à Pontrieux
- Trégastel, les 12 incontournables

Laisser un commentaire